Observation, études et statistiques

La situation des transports
en Pays de la Loire


Les réseaux de transport public des huit collectivités urbaines de la région de plus de 100 000 habitants (Nantes, Angers, Le Mans, Saint-Nazaire, Cholet, Saumur, Laval et La Roche-sur-Yon) ont enregistré 161 millions de voyages en 2020 (– 34 % par rapport à 2019). Cette diminution, inédite par son ampleur depuis au moins quarante ans, intervient après dix-huit hausses consécutives. Elle s’explique par la pandémie de coronavirus et a été particulièrement marquée pendant les deux confinements nationaux de la population du printemps et de l’automne de 2020. La crise sanitaire a ainsi fait plonger la fréquentation des transports collectifs urbains des Pays de la Loire à son niveau de 2004.

En 2020, sous l’effet de l’épidémie de Covid-19, la fréquentation des réseaux urbains a chuté d’un tiers

L’effondrement des déplacements en 2020 est la conséquence des mesures de restriction des contacts humains en réponse à la pandémie de Covid-19.

La France a ainsi été marquée en 2020 par deux épisodes de confinement de la population (du 17 mars au 10 mai puis du 30 octobre au 14 décembre), d’une durée totale de 101 jours (respectivement 55 et 46 jours), soit 28 % de l’année, au cours desquelles les personnes se trouvant à l’extérieur de leur domicile devaient détenir une attestation de déplacement dérogatoire.

D’après les données de plusieurs opérateurs téléphoniques, les déplacements domicile-travail ont chuté de 60 % en France lors du confinement du printemps et de 30 % pendant celui de l’automne, par rapport aux mêmes périodes de 2019. Selon le cabinet de conseil McKinsey, le développement du télétravail pendant la crise sanitaire et son ancrage lors des déconfinements successifs, ont été responsables d’une baisse de 10 à 15 % de la fréquentation des transports en commun en Europe. La désaffection des voyageurs a également été provoquée par des reports modaux au profit de la voiture et du vélo liés à la crainte de la transmission du coronavirus dans les bus et les tramways dans un contexte où la diminution des engorgements routiers a favorisé le recours à l’automobile.

Sur l’ensemble de l’année, le nombre de voyages enregistré dans les transports collectifs urbains a reculé d’un tiers par rapport à 2019. Cette chute a été uniforme selon les réseaux à l’exception de Saint-Nazaire et de Saumur. Les exploitants de ces deux agglomérations ont utilisé les mêmes clés de mobilité1 qu’en 2019, conduisant à surestimer leur fréquentation de 2020.

Nantes est demeuré le réseau le plus fréquenté de la région. Comme les années précédentes, les lignes exploitées par la Semitan ont rassemblé environ six voyages sur dix réalisés dans les Pays de la Loire. Les trois plus importantes agglomérations ligériennes (Nantes, Angers et Le Mans) ont représenté en 2020 près de 90 % de la fréquentation des transports collectifs urbains.

Fréquentation des huit principaux réseaux
de transport collectif urbain des Pays de la Loire
en 2019 et en 2020
2019
2020
Voyages
Réseau Voyages
(milliers)
Voyages
par hab.
Voyages
(milliers)
Voyages
par hab.
(2020/
2019) 
Nantes 148 607 223,1 95 398 141,1 – 35,8 %
St-Nazaire 10 021 78,7 8 721 67,8 – 13 %
Angers 40 345 133,3 26 590 87,0 – 34,1 %
Cholet 5 068 48,4 3 526 33,5 – 30,4 %
Saumur 2 565 25,9 1 984 20,1 – 22,7 %
Laval 5 743 50,3 3 673 32,1 – 36 %
Le Mans 30 340 147,0 19 167 92,6 – 36,8 %
La Roche/Y. 3 237 33,1 2 295 23,3 – 29,1 %
Ensemble 245 926 143,1 161 353 93,0 – 34,4 %
Source : Semitan, Stran, RATP Dev, TPC, Saumur Agglobus, Keolis, Setram
 

La nette expansion de l’usage des réseaux de transport en commun de la région depuis le début du siècle s’est arrêtée brutalement en mars 2020

Sur longue période, l’usage des transports collectifs urbains dans les Pays de la Loire s’est fortement développé (+ 85 % entre 1990 et 2019), passant de 133 à 246 millions de voyages par an. Cette croissance, adossée au dynamisme économique et démographique ligérien, peut être scindé en trois périodes :

  • De 1990 à 1994, la fréquentation a augmenté de 14 %, grâce au développement du tramway à Nantes.

  • Entre 1995 et 2001, l’usage des transports publics s’est stabilisé (– 2 %), en relation avec l’absence d’inauguration majeure et la faible augmentation du prix des carburants.

  • Les années 2002 à 2019 marquent une période de forte croissance (+ 65 %), portée par l’essor de l’offre dans la plupart des réseaux de la région, l’élargissement du ressort territorial de plusieurs autorités organisatrices (Cholet, Saumur, …), la généralisation des abonnements de longue durée et leur prise en charge à 50 % par l’employeur.

Ce renouveau des transports collectifs urbains avait connu un ralentissement à la fin de la décennie 2000. Les mesures de soutien aux constructeurs automobiles mises en œuvre en 2009 et 2010 (bonus écologique et prime à la casse) avaient temporairement freiné les reports modaux, dopant les immatriculations de voitures au détriment de l’usage des transports publics.

En 2020, l’épidémie de coronavirus et l’entrée en confinement de la population française le 17 mars ont subitement mis un terme à ce mouvement d’expansion des transports en commun. À Nantes, la fréquentation des lignes de la TAN a été divisée par dix dès la seconde quinzaine de mars. Dans la région, le point bas du trafic a été atteint en avril avec seulement 1,84 millions de voyageurs recensés, soit onze fois moins qu’en avril 2019. Le second choc de fréquentation de 2020, observé de la fin octobre à la mi-décembre lors du deuxième confinement, a été plus limité (– 48 % en novembre) en raison de mesures sanitaires moins strictes qu’au printemps où les collèges et les lycées avaient fermé leurs portes.

 

Les lignes en site propre rassemblent la moitié de la fréquentation régionale des réseaux urbains en 2020

Au 31 décembre 2020, sur les 3 800 kilomètres de lignes de transport collectif urbain que comptent les Pays de la Loire, 99 kilomètres sont en site propre (TCSP2). Les lignes de tramway sont longues de 76 km (Nantes : 43 km, Le Mans : 21 km, Angers : 12 km) tandis que 23 km sont parcourus par des autobus à haut niveau de service3 (Nantes : 13 km, Saint-Nazaire : 6 km et Le Mans : 4 km). Leur mise en service, initiée à Nantes en 1985, a bouleversé le partage modal des réseaux urbains ligériens. En effet, dans les quatre agglomérations de la région dotées de lignes en site propre, des reports de fréquentation se sont opérés entre le bus d’un côté et l’ensemble tramway / BHNS de l’autre.

Sur l’ensemble des villes de la région, la faible augmentation des déplacements en bus (+ 4 % entre 1990 et 2019, hors Busway, Hélyce et Tempo) est ainsi due au développement des TCSP, dont la fréquentation a été multipliée par neuf sur la même période. Ces derniers représentent une part croissante de l’usage des réseaux urbains de la région : 10 % en 1990, 26 % en 2000, 46 % en 2010 et 49 % en 2020 (dont 41 % pour le tramway). Le redressement du recours aux lignes de bus de 2012 à 2018 (+ 24 % soit une croissance moyenne annuelle de 4 %) est lié notamment à l’augmentation du nombre de lignes de Chronobus dans l’agglomération nantaise.

En 2020, la structure modale de la fréquentation n’a pas été fondamentalement modifiée. La crise sanitaire a impacté uniformément les lignes de tramways (– 37 %) et de bus (– 34 %). Le repli du nombre de voyageurs sur les lignes de BHNS a, en revanche, été plus faible (– 15 %) pour trois raisons. D’une part, à Nantes, sur la ligne historique de Busway, 2020 a été la première année pleine de circulation des véhicules électriques bi-articulés de grande capacité (e-Busway). D’autre part, en février 2020, la seconde ligne de Busway a été mise en service, en substitution d’une ligne de Chronobus. Enfin, à Saint-Nazaire, le faible recul de la fréquentation d’Hélyce (– 16 %) est lié à la méthode de comptage.

Nantes : en 2020, l’activité du réseau est revenue à son niveau de 2004

Avec 94,4 millions de voyages réalisés en 2020 sur le réseau de Nantes Métropole (bus, tramways et navettes fluviales), la Semitan a enregistré une baisse de 36 % de sa fréquentation par rapport à 2019. Cette chute intervient après dix-huit années consécutives d’augmentation.

La fréquentation des lignes en site propre (tramway et Busway) a reculé de 35 % en 2020. Elles ont représenté 60 % de l’ensemble du trafic de la Semitan. Les trois lignes de tramway ont rassemblé 48,7 millions d’usagers, en baisse de 34 % par rapport à 2019. La fréquentation des lignes de Busway, dont les premiers véhicules électriques bi-articulés (e-Busway) ont été mis en service en octobre 2019, n’a reculé que de 11 % à 8,3 millions de voyages. Ce moindre repli s’explique par le recours à ces nouveaux bus de plus grande capacité sur la ligne historique structurellement saturée et par la création en février 2020 d’une seconde ligne qui traverse l’Île de Nantes d’est en ouest, au départ de la Gare Sud. Hors Busway, les bus ont transporté 37,9 millions de voyageurs, dont 19,1 millions pour les huit lignes de Chronobus dont la fréquentation a chuté de 40 %.

Dans des volumes plus faibles (551 000 voyages), le trafic des navettes fluviales a reculé de 27 % par rapport à 2019, marquant une rupture après sept croissances d’affilée. Les lignes circulant sur la Loire ont représenté 92 % de cette fréquentation. Ouverte en février 2020, le seconde ligne de Navibus Loire a transporté 80 000 voyageurs de l’extrémité ouest de l’Île de Nantes au Bas-Chantenay. Cette ligne est la première des quatre nouvelles lignes de Navibus Loire qui vont être mises en service d’ici 2023.

Pendant le premier confinement, les véhicules de la Semitan ont assuré un service minimum, représentant 30 % des fréquences habituelles mais seulement 8 % de la fréquentation. En mai, la sortie du confinement s’est accompagnée d’une augmentation progressive de l’offre. Dans le sillage des préconisations sanitaires de l’État, la stratégie de Nantes Métropole a alors consisté à faire circuler le maximum de véhicules en limitant leur taux de remplissage afin de respecter les normes de distanciation physique.

 

Saint-Nazaire : en 2020, la baisse de la fréquentation a probablement été sous-estimée

En 2020, après onze années consécutives de croissance, la fréquentation du réseau de transport collectif de l’agglo- mération nazairienne a reculé de 13 %. En transportant 8,7 millions de voyageurs, l’activité de la Stran a été la plus faible des cinq dernières années.

Le recul de la fréquentation a été deux à trois plus faible que celui des autres réseaux de la région. La singularité nazairienne a été particulièrement marquée lors du premier confinement. Ainsi, en avril 2020, le nombre de voyages a chuté de plus de 90 % par rapport à avril 2019 à Nantes, Angers, Cholet, Saumur, Laval, Le Mans et La Roche-sur-Yon mais seulement de 24 % à Saint-Nazaire. Le même phénomène a été observé en mai et juin puis en novembre lors du deuxième confinement.

Ces écarts proviennent de la méthode de comptabilisation des voyages. Alors que l’épidémie a provoqué dans les réseaux de transport collectif d’une part une baisse des ventes de titres de transport, notamment en avril 2020 (mois qui s’est entièrement déroulé sous confinement), d’autre part un recul de la mobilité des abonnés, la Stran n’a pu mesurer que le premier effet.

L’exploitant s’est ainsi essentiellement basé sur les ventes d’abonnements et de tickets à oblitérer, en baisse respective de 15 % et de 38 % par rapport à 2019, sans tenir compte de la diminution du nombre de voyages effectués par abonné. En raison du contexte sanitaire, le réseau n’a en effet pas été en mesure de mener d’enquêtes de clientèle en 2020 permettant d’actualiser la mobilité des détenteurs de forfaits annuels ou mensuels. Celle-ci a fortement diminué dans les réseaux de la région en raison notamment du développement du télétravail pendant la crise sanitaire.

En 2020, Hélyce a généré un trafic de 3,7 millions de voyages (– 16 % par rapport à 2019), soit 42 % de la fréquentation totale de la Stran. Le recours aux autres lignes du réseau a reculé de 11 % à 5,0 millions de voyages.

 

Angers : la chute de clientèle (– 34 %) a été identique à celle de l’ensemble des réseaux de la région

Avec 26,6 millions de voyageurs transportés en 2020, le réseau de transport collectif d’Angers Loire Métropole (300 000 habitants) a réalisé le pire exercice des dix dernières années. La diminution par rapport à l’année précédente (– 34 %) a été du même niveau que celle observée en moyenne dans les autres agglomérations des Pays de la Loire. Elle marque une spectaculaire rupture avec le mouvement de redressement de l’usage du réseau observé au cours de la décennie 2010, lié à la mise en service de la ligne de tramway et de la nouvelle offre de bus en juin 2011.

En 2020, la ligne en site propre a représenté 24 % de la fréquentation totale du réseau. Les rames de tramway ont été empruntées par 6,3 millions de personnes (– 36 % comparé à 2019). Les lignes de bus urbaines, les lignes suburbaines, les services scolaires et le service de transport à la demande ont généré 20,3 millions de voyages (– 33 %).

Pendant le confinement du printemps, les tramways et les autobus ont assuré un service minimum. Les horaires du dimanche ont été appliqué sur la plupart des lignes. Au cours de cette période, la fréquentation s’est effondrée de 93 %.

En octobre et en novembre, malgré la mise en place du couvre-feu et du deuxième confinement, l’offre de transport a été maintenue.

Lors du déconfinement de fin d’année, pour faciliter le retour des voyageurs et soutenir l’activité des commerces, Angers Loire Métropole a rendu le réseau gratuit pendant quinze jours (du 12 au 27 décembre). Par rapport à décembre 2019, la fréquentation d’Irigo n’a reculé que de 18 % contre 30 % dans les huit principaux réseaux de la région.

 

Cholet : au second semestre, le recul de la fréquentation a été plus faible qu’ailleurs

Choletbus est sur longue période le réseau de transport collectif urbain le plus dynamique de la région. Sa fréquentation a ainsi augmenté de 230 % de 1990 à 2019. C’est une croissance presque trois plus élevée que celle de l’ensemble des réseaux des Pays de la Loire (+ 85 %). Selon ce critère, Choletbus devance les réseaux de Saint-Nazaire (+ 192 %) et de Nantes (+ 109 %).

En 2020, 3,5 millions de voyageurs (– 30 % par rapport à 2019) ont utilisé les lignes d’autobus et d’autocars choletaises. Le réseau, exploité par les Transports publics du Choletais (TPC), a fonctionné avec un service minimum lors du premier confinement, représentant de 25 à 30 % de l’offre habituelle. Au cours de cette période, entre 500 et 700 voyages par jour ont été réalisés contre 15 000 avant la crise sanitaire. En avril et en mai, la fréquentation s’est effondrée respectivement de 97 % et de 81 % par rapport aux mêmes mois de 2019.

Deux périodes de gratuité du réseau, répondant à des problématiques différentes, ont été mises en place en 2020 :

  • au cours du premier confinement, en raison de la difficulté de distribuer et de contrôler les titres de transport liée à l’interdiction de la montée des voyageurs par l’avant et à l’impossibilité de déplacer les valideurs à l’arrière des véhicules ;

  • au cours des samedis du mois de décembre, pour faciliter l’accès aux commerces à l’approche des fêtes de fin d’année.

Lors des six derniers mois de 2020, la fréquentation de Choletbus a reculé de 12 %, contre – 27 % dans l’ensemble des réseaux de la région.

 

Saumur : pendant l’épidémie, l’offre de transport s’est adaptée à la baisse de la demande

Le réseau de transport de la Communauté d’agglo Saumur Val de Loire, géré par la société publique locale Saumur Agglobus, a enregistré en 2020 une baisse de fréquentation de 23 %. 2,0 millions de voyageurs ont ainsi été comptabilisés sur les lignes du réseau, contre 2,6 millions en 2019.

Avant ce choc de fréquentation marqué par un repli de l’amplitude de service lors du printemps de 2020, le réseau avait connu deux périodes de forte croissance du nombre de voyages, liées à l’extension de l’aire communautaire :

  • En 2017, l’élargissement du réseau à l’ensemble de l’agglomération et le doublement des effectifs scolaires transportés avaient conduit à une augmentation spectaculaire de la fréquentation (+ 27 % en 2017 et + 30 % en 2018). L’ancienne autorité organisatrice du réseau (la Communauté d’agglomération Saumur Loire Développement) avait ainsi fusionné avec trois communautés de communes pour constituer un ensemble de 45 communes et 100 000 habitants, contre 32 et 65 000 dans l’ancienne structure.

  • La précédente période de boom du nombre de voyages, survenue en 2005 (+ 12 %) et en 2006 (+ 49 %), avait là aussi été provoquée par un agrandissement du ressort territorial du réseau (de 1 à 32 communes) qui s’était matérialisée par la naissance des lignes périurbaines.

À périmètre constant, l’usage des transports publics saumurois est structurellement peu dynamique. Le repli (de 1990 à 2004) puis la stagnation (de 2007 à 2016) de la fréquentation sont liés au tassement démographique de l’agglomération, particulière-ment manifeste dans la ville centre qui perd depuis 1990 près de 1 % d’habitants par an. Rapportée à la population desservie, la fréquentation a baissé sensiblement au cours des trois dernières décennies, passant de 33 voyages par habitant en 1990 à 26 en 2019 puis 20 en 2020.

 

Laval : la crise sanitaire a fait chuter le nombre de voyageurs, y compris en fin d’année

Les Transports urbains lavallois (TUL), exploités par Keolis, filiale de la SNCF, pour le compte de Laval Agglomération ont été empruntés en 2020 par 5,7 millions de voyageurs, contre 3,7 l’année précédente (– 36 %).

Ces deux nombres ne sont pas comparables avec celui de 2018 (10,0 millions de voyageurs), estimé à partir de clés de mobilité issues d’enquêtes réalisées auprès de la clientèle du réseau. Il s’est avéré en 2019 que ces coefficients multiplicateurs, qui fournissaient le nombre de voyages effectués selon le type d’abonnement contracté (mensuel, annuel, …), surestimaient l’usage réel du réseau d’environ 40 %. La mise en évidence de cet écart est provenue du passage à la billettique à l’automne de 2018. Le remplacement des anciens titres de transport (dont le ticket à composter) par une carte à valider sans contact à chaque montée dans le bus, a ainsi permis de connaître le nombre réel de voyageurs par arrêt. Il a montré que les abonnés n’effectuaient pas autant de voyages que semblaient l’indiquer les enquêtes déclaratives de mobilité.

Avant ce changement méthodologique de mesure de la fréquentation, le réseau avait connu seize années consécutives de hausse de l’activité qui avaient abouti à une croissance de 50 % du nombre de voyages entre 2002 et 2018.

En 2020, pendant le confinement du printemps, environ un tiers des services réguliers a été supprimé. L’amplitude et la fréquence de passage des autres lignes ont été reduites. En mai, lors du déconfinement, l’offre de transport du réseau de bus de Laval est passé de 30 à 70 % du niveau habituel. Les services scolaires ont été réouverts.

Au dernier trimestre, la deuxième salve de mesures sanitaires a entrainé une baisse de la fréquentation de 26 % par rapport à 2019.

 

Le Mans : la fréquentation de toutes les catégories de lignes a reculé d’un tiers en 2020

En 2020, le réseau de l’agglomération mancelle exploité par la Setram, avec l’appui technique de Keolis, a transporté 19,2 millions de voyageurs (– 37 % comparé à 2019). La crise sanitaire a aussi entraîné une chute de 30 % des recettes de billetterie, soit une perte de 4 millions d’euros.

Au début de l’épidémie, en mars 2020, le réseau a fonctionné avec l’offre du dimanche. Les lignes scolaires et les services de nuit n’ont plus été assurés. En mai, avec le desserrement des mesures de restriction des déplacements, l’offre de transport est remonté de 24 à 76 %.

11,4 millions de voyageurs ont emprunté les deux lignes de tramway au cours de l’année 2020 (– 38 % par rapport à 2019), représentant 60 % de la fréquentation totale du réseau manceau. La ligne 1 a généré 6,8 millions de voyages (– 39 %). La fréquentation de la seconde ligne de transport guidé s’est élevée à 4,7 millions de voyageurs, en baisse de 36 % sur un an.

Les lignes de bus ont drainé 7,8 millions de voyageurs (– 35 % comparé à 2019). Tempo (liaison de bus à haut niveau de service de la Setram) a transporté 1,14 million de voyageurs, contre 1,66 million en 2019 (– 32 %).

En 2020, rapporté à la population de la communauté urbaine (206 000 habitants), la fréquentation des lignes de la Setram s’est élevée en moyenne à 93 voyages par personne. Selon ce critère, le réseau manceau est au deuxième rang des agglomérations de la région, derrière Nantes (141 voyages par habitant).

 

La Roche-sur-Yon : la pandémie a mis un terme à la série de six hausses consécutives de la fréquentation

Le réseau de trans-port public de La Roche-sur-Yon Agglo-mération, exploité de-puis 2010 (sous la marque commerciale Impulsyon) par la Compagnie des Transports du Yonnais, filiale de RATP Dev, a enregistré en 2020 une diminution de 29 % de son usage. Cette chute contraste avec le mouvement récent de développement de la fréquentation du réseau, annihilant presque totalement en quelques mois l’accroissement de 35 % du nombre de voyages de 2013 à 2019.

En 2020, la fréquentation d’Impulsyon s’est établie à 2,3 millions de voyages, contre 3,2 millions en 2019, répartis sur sept lignes irriguant uniquement la ville centre, neuf liaisons périurbaines et divers services spécifiques (transport à la demande, dessertes nocturnes, déplacements des personnes à mobilité réduite, …).

À l’instar des trois quarts des huit réseaux analysés, l’évolution du nombre de voyages est demeurée positive lors du début d’année (+ 13 % en janvier et + 19 % en février). Cette phase de croissance, engagée au second semestre de 2019, était la conséquence de la gratuité du réseau le samedi et de la forte diminution du tarif des abonnements destinés aux moins de 26 ans, mises en place en septembre.

À partir de la mi-mars, les mesures gouvernementales visant à limiter la propagation du Covid-19 (confinement, fermeture des établissements scolaires et des commerces non-essentiels, couvre-feu, …) ont limité l’usage des transports collectifs. Le réseau de bus s’est adapté à la pandémie, passant notamment en période bleue (horaires des vacances scolaires) pendant le confinement du printemps. De mai à début juillet, la fréquentation a continué de reculer en raison du maintien d’une partie de l’enseignement scolaire à distance et de la limitation de la capacité d’accueil des véhicules. En août et en septembre, avant le début de la deuxième vague, le réseau avait presque retrouvé les niveaux de fréquentation de 2019.

 

Annexe – La structure des réseaux de transport collectif urbain en Pays de la Loire

L’organisation institutionnelle française des transports collectifs urbains repose sur deux acteurs principaux : d’un côté, les collectivités locales, autorités organisatrices des transports publics sur leur territoire ; de l’autre, les entreprises, de statut privé ou public, chargées de l’exploitation des réseaux.

Les collectivités urbaines (communes ou regroupement de communes) ont la responsabilité juridique d’organiser les transports publics sur leur territoire. En 2014, la loi MAPTAM (loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) a étendu leur domaine de compétence. L’autorité organisatrice des transports urbains (AOTU) est ainsi devenue autorité organisatrice de la mobilité (AOM) et a vu ses prérogatives élargies au transport à la demande, à la logistique urbaine et à l’appui au développement des nouveaux services à la mobilité. En 2015, la loi NOTRe (loi portant nouvelle organisation territoriale de la République) a créé le ressort territorial4 en remplacement du périmètre de transport urbain (PTU), permettant aux autorités organisatrices de la mobilité d’organiser du transport non urbain sur leur territoire.

En France, il existe environ trois cents réseaux de transport collectif urbain. Près de vingt d’entre eux sont situées, en totalité ou en partie, dans les Pays de la Loire. En dehors des trois cas particuliers d’Alençon, de Redon et de la presqu’île guérandaise5, dont les ressorts territoriaux s’étendent sur deux régions, seize réseaux de transport collectif urbain sont recensés sur le territoire ligérien. Ils desservent 1,8 million d’habitants (soit la moitié de la population régionale), sur moins de 15 % de la superficie des Pays de la Loire.

Caractéristiques organisationnelles des huit principaux réseaux
de transport collectif urbain en Pays de la Loire
Situation au 31 décembre 2020
Réseau Autorité
organisatrice
Forme juridique
de l’autorité organisatrice
Nom
commercial
Exploitant Forme juridique
de l’exploitant
Nantes Nantes Métropole Métropole Tan Semitan SAEM
Saint-Nazaire CARENE Communauté d’agglomération Stran Stran SPL
Angers Angers Loire Métropole Communauté urbaine Irigo RD Angers SAS
Cholet Agglomération du Choletais Communauté d’agglomération Choletbus TPC EPIC
Saumur Saumur Val de Loire Communauté d’agglomération Agglobus Saumur Agglobus SPL
Laval Laval Agglomération Communauté d’agglomération TUL Keolis Laval SARL
Le Mans Le Mans Métropole Communauté urbaine Setram Setram SAEM
La Roche-sur-Y. La Roche-sur-Yon Agglomération Communauté d’agglomération Impulsyon CTY SAS
Sources : Cerema, sites internet des réseaux concernés

 

Séries statistiques (période 2011 / 2020)

Dans les Pays de la Loire, huit collectivités urbaines sont peuplées de plus de 100 000 habitants. Il s’agit, par ordre décroissant de population, de Nantes, Angers, Le Mans, Saint-Nazaire, Laval, Cholet, Saumur et La Roche-sur-Yon. Ces huit agglomérations con-centrent à elles seules plus de 99,5 % de la fréquentation totale des réseaux de la région, estimée en 2020 à 162 millions de voyages.

Les huit autres réseaux sont situés à Saint-Brevin-les-Pins (44), Châteaubriant (44), Mayenne (53), Sablé-sur-Sarthe (72), Fontenay-le-Comte (85), L’Île-d’Yeu (85), La Tranche-sur-Mer (85) et Les Sables-d’Olonne (85). Ils enregistrent globalement un peu moins d’un million de voyages par an.

Fréquentation des huit principaux réseaux de transport collectif urbain
des Pays de la Loire au cours des dix dernières années
Unité : millier
de voyages
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Nantes 116 557 121 336 126 599 130 428 132 607 133 550 136 128 143 788 148 607 95 398
Saint-Nazaire 5 782 5 948 6 883 7 805 8 186 8 889 9 210 9 780 10 021 8 721
Angers 27 727 30 544 32 844 34 701 35 967 36 637 37 285 39 042 40 345 26 590
Cholet 4 198 4 293 4 352 4 376 4 408 4 464 4 702 4 972 5 068 3 526
Saumur 1 617 1 548 1 502 1 510 1 518 1 528 1 939 2 527 2 565 1 984
Laval 8 627 9 066 9 432 9 444 9 537 9 712 9 807 9 974 5 743 3 673
Le Mans 25 415 25 786 26 063 27 865 29 386 29 869 30 968 31 120 30 340 19 167
La Roche-sur-Y. 2 326 2 468 2 390 2 616 2 747 2 918 3 026 3 066 3 237 2 295
Ensemble 192 250 200 990 210 065 218 745 224 357 227 568 233 066 244 268 245 926 161 353
 
Unité : voyage
par habitant
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Nantes 194,9 201,0 207,5 210,6 212,1 210,0 210,6 219,1 223,1 141,1
Saint-Nazaire 48,0 48,8 56,5 63,3 65,5 70,3 74,0 77,7 78,7 67,8
Angers 102,5 111,6 119,2 125,0 128,7 129,4 125,8 130,4 133,3 87,0
Cholet 50,6 51,6 52,0 52,2 52,7 52,0 45,2 47,6 48,4 33,5
Saumur 24,7 23,9 23,2 23,2 23,4 23,7 19,5 25,5 25,9 20,1
Laval 87,0 90,6 94,0 94,1 95,2 97,3 86,3 87,6 50,3 32,1
Le Mans 135,0 136,7 128,2 136,4 143,4 146,1 150,9 151,2 147,0 92,6
La Roche-sur-Y. 24,7 25,8 24,8 26,9 28,1 29,6 31,4 31,6 33,1 23,3
Ensemble 126,6 131,2 135,0 139,3 141,9 142,3 138,2 143,5 143,1 93,0
Source : exploitants TCU (Semitan, Stran, RD Angers, TPC, Saumur Agglobus, Keolis Laval, Setram, CTY)

 

Téléchargement des données sources

Le présent document analyse la fréquentation annuelle des huit principaux réseaux de transport collectif urbain situés en Pays de la Loire, ainsi que les évolutions mensuelles. Elle n’existerait pas sans la collaboration des exploitants concernés que la DREAL et l’ORTM tiennent à remercier pour la mise à disposition de leurs statistiques.

Téléchargez ci-contre les données brutes de fréquentation fournies par les exploitants, au format tableur (csv), sur la période de 1990 à 2020 :

 

Pour en savoir plus

Le document ci-contre, publié en juillet 2019, présente les principales données de l’enquête annuelle TCU, menée par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) auprès des réseaux de transport collectif urbain situés en France de province.

La brochure permet de comparer les réseaux entre eux et de mesurer l’importance économique du secteur. Elle porte sur les caractéristiques administratives des réseaux, l’offre, l’usage, le parc de véhicules, le personnel et la tarification. Elle comporte également des données financières et comptables.

Les données les plus récentes de la publication datent de 2016 et correspondent aux résultats de l’enquête TCU recueillis au cours de l’année 2017 et diffusés par le Cerema en 2019.

La présente édition comporte 248 réseaux pour lesquels les séries de données statistiques ont été fournies et sont cohérentes sur la période 2011-2016.

Chaque réseau est décrit sur deux pages où sont présentés les principales informations recueillies auprès de l’autorité organisatrice et de l’exploitant.

L’édition 2019 de cet annuaire statistique a été la dernière à être publiée sous cette forme. L’enquête est gérée désormais par le Gart et l’UTP. L’accès à ses résultats est réservé aux adhérents des deux organismes.


  1. Les méthodes de calcul de la fréquentation des réseaux de transport collectifs sont variables. Il convient de distinguer les exploitants dotés de la billettique, qui ont une connaissance précise et continue de l’usage de leurs services, des autres réseaux pour lesquels les voyages sont estimés à partir d’enquêtes ponctuelles de clientèle. Pour ces derniers, si le nombre de voyages issus de la validation de titres de transport est connu à l’unité près, la fréquentation des détenteurs d’autres formules tarifaires repose sur l’utilisation de clés de mobilité qui donnent le nombre de voyages par usager (par exemple, 40 voyages par mois par abonné mensuel).↩︎

  2. Un transport collectif en site propre est un système de transport public (métro, tramway, bus à haut niveau de service) utilisant majoritairement des emprises réservées à son exploitation, grâce à un obstacle physique, se différenciant ainsi des couloirs conventionnels de bus.↩︎

  3. Il a été choisi de ne pas considérer dans ce document les lignes de Chronobus du réseau de la Semitan comme des liaisons de bus à haut niveau de service (BHNS), aux motifs qu’elles ne circulent pas majoritairement en site propre et n’utilisent pas de véhicules spécifiques.↩︎

  4. Le ressort territorial est le périmètre géographique de l’autorité organisatrice de la mobilité. Il comprend de fait les communes ayant choisi d’adhérer à la collectivité locale dotée de la compétence transport.↩︎

  5. La Communauté d’agglomération de la Presqu’île de Guérande Atlantique (plus connue sous le nom Cap Atlantique) est desservie en transport collectif par un réseau de lignes d’autocars appelé Lila Presqu’île. Ces lignes sont intégrées au réseau régional Aléop. Elles sont gérées par le Syndicat mixte des transports collectifs routiers de la presqu’île de Guérande Atlantique.↩︎

 

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